Causeries

Yahoo apporte des bananes au Web sémantique, 1ère partie

Annoncé, il y un peu plus de 2 mois, « l’écosystème de développement pour la recherche » de Yahoo est maintenant disponible sous le nom de SearchMonkey. Si, avec cette initiative, le but de Yahoo était de reprendre la main sur Google dans le domaine strict de la recherche, il me semble qu’une partie du chemin a été effectuée. Plutôt, que d’attaquer frontalement Google en mettant en œuvre de nouveaux algorithmes de recherche, par exemple, Yahoo a choisi un angle différent jusqu’alors complètement inexploité et, pourtant, oh ! combien important, à savoir la présentation des résultats.

Et, dans ce cadre, aiguillé certainement par le succès de facebook et de sa plate-forme de développement ouvert, le moteur de recherche a mis à disposition des développeurs une plate-forme pour mettre au point des applications qui agrémentent, selon la volonté des utilisateurs, les résultats de la recherche. Pour ce faire, il rend disponible les données de son index, soit les données structurées avec des microformats, RDFa et eRDF (embeded RDF, un système à peu près équivalent à RDFa) et déjà indexées, par défaut, par Yahoo, soit directement l’ensemble des données de la page Web à partir desquelles le développeur peut créer une extraction personnelle.

La plate-forme SearchMonkey comprend donc trois parties (et donc trois billets pour le présenter…) :

  • Une à destination des utilisateurs ;
  • Une à destination des développeurs ;
  • Une à destination des propriétaires de sites.

RDFaiser votre blog, 3ème partie : l’exploitation

Si HTML permet de structurer une page Web dans une visée documentaire, RDFa permet d’en structurer, de manière indépendante, les données. Au final, RDFa ajoute donc une troisième couche aux deux existantes :

  • HTML pour structurer la page Web ;
  • CSS pour structurer la mise en forme de la page Web ;
  • RDFa pour structurer les données de la page Web.

Il est difficile de prévoir aujourd’hui tous les usages possibles de RDFa ; ils restent encore largement à inventer. En effet, et c’est le propre et l’intérêt des technologies du Web sémantique, la modélisation des données en RDF est indépendante des usages qui en sont faits. Malgré tout, il est d’ors et déjà possible d’identifier quelques usages.

Du Web sémantique au web de données, 2ème partie : retour sur un des articles de Roger T. Pédauque

Dans un billet récent écrit à l'occasion des dix ans de XML, Jean-Michel Salaün regrettait que les pistes esquissés dans le second texte de l'initiative Roger T. Pédauque intitulé « Le texte en jeu. Permanences et transformations du document » n'aient pas été suivies. Et, pour cause me semble-t-il, si ce deuxième article, comme les deux autres d'ailleurs, apporte incontestablement des pistes de réflexion et certaines idées intéressantes, il comprend des contre-sens et des erreurs si manifestes qu'il n'est possible de s'en servir comme base de travail qu'après une critique attentive, sans compter sur le style que Jean-Michel Salaün lui-même dans le billet cité plus haut qualifie « d'un peu abscons » et que je qualifierais plus volontiers de charabia jargonnant.

A l'heure où le Web sémantique pointe avec plus de prégnance le bout de son nez, il n'est pas inutile de revenir sur ce texte, comme sur les deux autres, pour construire une nouvelle réflexion. C'était d'ailleurs leur but : susciter le débat et la réflexion, sans présager des évolutions futures et selon l'état de l'art du moment. Or, il semble bien qu'une nouvelle étape est sur le point d'être franchie, si ce n'est pas déjà le cas. A titre personnel, si, à l'époque de rédaction du texte, je n'étais pas en mesure de m'immiscer dans le débat, j'espère, aujourd'hui, pouvoir apporter ma pierre à l'édifice.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, je voudrais rappeler, pour mémoire, que cette initiative avait été lancée par le réseau thématiques pluridisciplinaires dédié au document, le RTP-DOC d'où le pseudonyme Roger T. Pédauque pour signer les textes collectifs, placé sous le patronage de feu le département STIC du CNRS. L'objectif était de réfléchir selon une approche pluridisciplinaire à la notion de document dans le contexte des changements induits par le numérique.

SemWeb Camp à Paris

En attendant la suite de la série sur le Web sémantique (je bute sur l'écriture du prochain billet...), un billet en forme de publicité.

Samedi 16 février à partir de 9h30 aura lieu le premier SemWeb camp à Paris à la Cantine (151 rue Montmartre, dans le 2ème arrondissement de Paris), qui est, entre autres, le nouveau « quartier général » de la FING, co-organisateur de cette manifestation avec la communauté Websemantique.org. Tout le monde est évidemment le bienvenu pour partager ce que vous souhaitez (en rapport avec le Web sémantique ;-) ), comme il est de règle dans un WebCamp.

L'ambition de ce premier rendez-vous est modeste. Il s'agit essentiellement de se rencontrer, de faire connaissance et de réfléchir à l'organisation de la communauté du Web sémantique en France et d'autres manifestations du même type de plus grande envergure. Ce sera aussi l'occasion pour tous ceux qui s'intéressent au Web sémantique, du débutant au confirmé de partager et de mieux en comprendre les différentes technologies et les enjeux. Un grand merci à Olivier qui a lancé l'idée de ce rassemblement

J'espère donc que je pourrai vous y rencontrer nombreux !

Du Web sémantique au web de données, 1ère partie

Si le Web sémantique atteint aujourd'hui le grand public, au point que Techcrunch repris par Internet Actu se demande quelle en sera la killer application, il reste une notion souvent mal comprise, objet de méprises voire de fantasmes. Et, pour cause, le Web sémantique est à la rencontre de domaines diverses : l'intelligence artificielle, la linguistique, les sciences de l'information et le Web pour ne citer que les principaux. Cette interdisciplinarité en a constitué à la fois la force et la faiblesse. De ce point de vue, l'article de Tim Berners-Lee, Ora Lassila et Jim Hendler dans Scientific American en 2001 en est un symbole, constituant un premier essai de synthèse entre les apports des différentes disciplines. Pour passer de la théorie à la pratique, sept années auront été nécessaires. Sept années qui ont vu les usages du Web changer, les concepts se préciser, les technologies se mettre en place. Si, aujourd'hui, la synthèse semble en bonne voie d'achèvement, il me semble utile d'en étudier la genèse et l'évolution pour préciser le concept de Web sémantique et ses applications possibles.

Google se met à FOAF

Alors que j'expliquais dans mon précédent billet en quoi FOAF constituait une réponse aux problèmes de contrôle des données personnelles et d'interopérabilité entre les services de réseaux sociaux, Google semble me donner raison avec la sortie d'une nouvelle API : Social graph API. Si Google a longtemps traîné des pieds avant de s'intéresser aux technologies du Web sémantique, nous étions beaucoup à penser qu'il ne leur faudrait pas énormément de temps le jour où il voudrait s'y mettre. Il semble que ce jour soit arrivé.

Qu'en est-il exactement ?

Pour faire simple, Social Graph API permet d'effectuer des requêtes sur les données indexées par Google et encodées avec FOAF, XFN (pour faire vite, l'équivalent de FOAF avec les microformats) et les profils publics de certains services comme MySpace. Grâce à cette API, vous pouvez, par exemple, retrouver les différentes personnes qui sont liées à vous par l'intermédiaire d'un FOAF ou d'un XFN, concaténer en un point unique les informations éparpillées entre vos différentes pages de profils des services auxquels vous êtes abonnés (cf. l'exemple de Plaxo Pulse)...

La TEI : principes et fonctionnements

L'ADBS m'a donné l'occasion, la semaine dernière, de me replonger avec grand plaisir dans la TEI à l'occasion d'un 5 à 7. Le but ce cette séance était d'en présenter le principe et le fonctionnement. Ma présentation s'attache donc à montrer les particularités de la TEI et en quoi elle constitue une solution générique à l'encodage des textes en repartant des buts poursuivis par l'encodage et de la démarche particulière de sa conception.

Je me suis inspiré pour la mettre au point des documents, en particulier une présentation de Lou Burnard, Sebastian Rahtz et Matthew Driscoll faite à l'occasion d'une formation à Sofia, mis à disposition sur le nouveau site du consortium TEI dévoilé à l'occasion de son 20ème anniversaire et de la sortie en version finale de la nouvelle version, la P5.

Après toutes ces mois à m'intéresser à RDF, cela a aussi été une opportunité pour préciser dans mon esprit les différences entre RDF et XML et d'affiner mes réflexions sur le concept de texte et de document. Mais, c'est une autre histoire que j'espère pouvoir partager avec vous dans les semaines qui viennent, s'il me reste un peu de temps ;-)

Bonne lecture !

La montagne, ça vous calme !

Comme le veut la coutume , je vous souhaite à tous et à toutes une bonne et heureuse année 2008. J'espère qu'elle sera à la hauteur de vos espérances, pleine de joie, de bonheur et de réussite...

Afin de prolonger encore les vacances et avant d'attaquer sur les chapeaux de roue cette nouvelle année qui s'annonce passionnante à tous les points de vue, je voudrais partager avec vous une expérience qui m'a été donnée de vivre pendant mon séjour à la montagne. Pratiquant le ski depuis ma plus tendre enfance, j'ai eu la chance de participer à ce qui pourrait s'apparenter à un must pour tous les fans de cette discipline, à savoir une randonnée.

Le chemin de départ

Verbatim Tim Berners-Lee

Pour finir ce week-end sous le signe du Web of data, je vous propose quelques extraits de l'excellente interview de Tim Berners-Lee dans le dernier numéro de la Recherche consacré à l'avenir d'Internet.

Sur le terme Web sémantique

Le terme sémantique prête un peu à confusion car la sémantique s'intéresse au sens du langage pour en déduire des constructions logiques. Du coup, certains ont pensé qu'il s'agissait d'un Web qui permettrait par exemple d'effectuer des recherches sur Internet en posant des questions sous forme de phrases, en langage naturel. Or ce n'est pas son but. En fait, nous aurions dû l'appeler dès le départ « Web de données ».

But du Web of data

[...] Créer un lien automatique pour relier les données qui sont stockées dans les différents fichiers et bases de données de nos ordinateurs. Actuellement, il faut utiliser des logiciels différents pour accéder à ces informations et on ne peut les comparer ensuite que manuellement.
[...]Il existe un énorme gisement de données enfouies dans tous les ordinateurs de la planète : en les reliant, le Web sémantique permettra d'exploiter cette mine pour améliorer nos connaissances dans de nombreux domaines.[...]

Naviguer et rechercher dans le Web of data

Preuve supplémentaire de la maturité du Web of data, nous disposons, à l'instar de son grand frère le Web, de navigateurs et de moteurs de recherche spécialisés ne requérant aucune compétence particulière.

Petite revue de détail, en commençant par les navigateurs.

  • A tout seigneur, tout honneur, le premier d'entre eux mis au point par Tim Berners-Lee et son équipe : Tabulator développé en Javascript (Attention, ne fonctionne qu'avec Firefox). Outre la possibilité de naviguer dans des sources en RDF, il offre un moteur SPARQL, la possibilité d'afficher les données géographiques sur une carte, les événements sur un agenda ou une frise chronologique. C'est certainement le plus complet, mais aussi le plus geeky.
  • Dans le même ordre d'idée et proposant des fonctionnalités à peu près équivalentes, OpenLink RDF browser, qui sert de démonstration au produit Virtuoso server qui intègre, entre autres, un RDF store et sparql end point, de l'éditeur Open link software.
  • Plus simple et plus accessible, Disco hyperdata Browser mis au point par l'équipe de Dbpedia (ces types ne s'arrêtent jamais). L'interface est, disons, épurée, mais efficace. Fonctionnalité intéressante, il intègre un cache qui permet de disposer de tous les triples consultés récemment par les utilisateurs pour naviguer dans les sources RDF.
  • Pour finir, celui qui me semble le plus prometteur : Zitgist browser mis au point par Frederik Giasson. Aussi simple que Disco, mais avec une interface très agréable.
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